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La Main Invisible du Copié-Collé : petit guide de survie automatisé

  • CorpoYeet
  • 12 mars
  • 4 min de lecture

CorpoYeet




Depuis la démocratisation de l’intelligence artificielle conversationnelle, comme ChatGPT, nous observons une véritable panique morale au sein du corps enseignant de l’UQAM, menant à des dérives allant du loufoque à l’oppressif et à l’abusif.


Les articles « Évaluer ou punir », parus dans Union Libre, ayant déjà abordé les dérives oppressives et abusives, il est maintenant temps de s’attaquer aux dérives loufoques. Parce que la répression académique au nom de la propriété intellectuelle ce n’est pas nécessairement rationnel et ça prend aussi les étudiant-e-s pour des personnes pas trop intelligent-e-s. 



« J’utilise un logiciel pour détecter l’IA donc attention ! »


Si tu es tombé dans le piège de Monique affirmant qu’un tel logiciel existe, rassure-toi : à ce jour (janvier 2025), aucun logiciel ou plateforme n’est suffisamment élaboré pour détecter efficacement l’usage des IA conversationnelles. Cela signifie qu’aucun comité sur les fraudes académiques (en gros, les personnes qui jugent si tu as plagié ou non) ne reconnaît l’utilisation de ce genre de logiciel comme preuve de recours à l’IA.

D’ailleurs, tu peux faire un petit test : prends un de tes textes entièrement écrits par toi, mets-le dans un détecteur d’IA en ligne, et découvre avec stupéfaction que… tu es toi-même une IA ! Bienvenue dans le club des robots XOXO.



Fun fact : il existe plusieurs façons de brouiller encore plus les pistes, que ce soit pour ces logiciels ou pour tes profs un peu trop paniqués par l’usage de l’IA.


Généralement, l’IA n’a que très peu de personnalité (comme par hasard #clubdesrobots). Par exemple, elle utilise rarement des mots de liaison (ainsi que, aussi, autrement dit, en effet, en outre, quoique…) ou des expressions familières. Bref, tout ce qui donne du style à ton texte est ton allié. Il te suffit donc de saupoudrer ton texte généré par IA de tout ça, et Monique, ainsi que son logiciel, seront hors d’état de nuire. Tu peux aussi demander à ton IA pref d’écrire comme ta situation actuelle. Exemple : Écris comme un étudiant en troisième année au baccalauréat en science politique à l’UQAM.Ça se peut que ça soit woke mais au moins ça sera pas plagier selon ton prof. Généralement tes travaux auront plus de personnalités avec ce genre de demande. Autre technique, plus audacieuse : si tu mets quelques fautes d’orthographe (pas trop quand même), Monique et son logiciel seront KO.

Avant les IA conversationnelles, c’étaient principalement les copies, comme dirait un bourgeois en regardant des chaussures bas de gamme, « de faible qualité » qui étaient accusées de plagiat. Mais aujourd’hui, on n’arrête pas le progrès : ce sont aussi bien les copies de « faible qualité » que celles de « haute qualité » qui sont ciblées par les profs (en termes de signalement pour plagiat). Parce que pour Monique et Marcus, les étudiant-e-s ne sont pas suffisamment intelligent-e-s pour produire un bon travail, donc c’est sûrement une IA.

Bref, on vous conseille, même sans avoir utilisé l’IA, de personnaliser votre texte et même d’y glisser quelques fautes pour dissiper tout doute. Si vous avez particulièrement peur d’être accusé à tort (et ça se comprend, je vis moi-même dans la peur depuis que le monstre ChatGPT rôde à l’UQAM et que les profs veulent sa tête), vous pouvez aussi sourcer à outrance. Une copie avec beaucoup de sources attire moins les soupçons, même si les références sont peu pertinentes (à moins que ce soit pour un cours de méthodologie, évidemment). Vive l’éducation !



« Si vous utilisez l’IA, vous aurez automatiquement zéro. »


Non, Marcus, prof d’économie, n’a pas le droit de te mettre un zéro pour plagiat. Pour être reconnu coupable de plagiat, il faut obligatoirement passer par un comité sur les fraudes académiques (toujours les mêmes personnes qui jugent si tu as plagié ou non). Donc, si tu as eu zéro sans avoir reçu de convocation au comité de plagiat, ça devrait te mettre la puce à l’oreille : Marcus essaie de te bullshit et ça, ça me brise le cœur…



« J’ai remarqué que plusieurs copies avaient utilisé l’intelligence artificielle. Si vous vous dénoncez vous-même, je serai clément sur les conséquences. »


Je sais qu’on a tendance à ignorer les red flags, mais vraiment, ne tombez pas dans le piège. Ton ex toxique, c’était déjà suffisant, pas besoin d’un-e prof qui essaye de te prank. Le ou la prof ne sera pas plus clément-e, et tu ne peux pas changer ton ex toxique non plus ! On n’est pas dans ta série préférée des années 2000. Wake up!



IA, donc je suis un fraudeur ou une fraudeuse académique ? Tu vas faire quoi ?!

Au final, cette panique morale autour de l’utilisation des IA conversationnelles par les étudiant-e-s, c’est un peu comme quand internet est apparu. Les profs partaient en chasse aux sorcières. Mais aujourd’hui, l’utilisation d’internet dans les travaux académiques est devenue normale, voire la norme (imagine faire tes travaux sans Ctrl+F et juste avec des livres… ma phobie !).

Cette panique ne fait que retarder l’inévitable et prive les étudiant-e-s d’une utilisation saine des IA, qui pourrait être encadrée par les lieux d’apprentissage comme l’UQAM. Bref, l’université et les profs auraient tout à gagner en encourageant une pratique réfléchie de l’IA, mais en ce moment, ce n’est malheureusement pas le cas, et ce sont les étudiant-e-s qui en paient le prix.


PS : Ce texte aurait pu être généré par une IA… qui sait ?


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